Perturbations
de la symétrie induites par les articulations de la jonction crânio-cervicale
Heiner
Biedermann Résumé Le
concept de «perturbations de la symétrie induites par les articulations
de la jonction crânio-cervicale» veut attirer l'attention sur
des perturbations fonctionnelles de la colonne cervicale supérieure, dont
l'importance dans la pathogenèse est encore souvent sous-estimée.
De telles perturbations peuvent être cliniquement définies et présentent
un exemple typique des facteurs de risque. Si, dans un cas isolé, leur
corrélation peut être démontrée, un traitement manuel
médical simple et sans trop de risque s'impose. Les
différents groupes de symptômes du syndrome KISS seront présentés.
Pour une réflexion plus approfondie sur le sujet, notamment sur la pathogenèse
et pour des rapports d'expériences neuro-pédiatriques, on renvoie
à la vue d'ensemble déjà parue.[
5 ] Introduction
Perturbations
de la symétrie induites par les articulations de la jonction crânio-cervicale.
(PSIACC) - encore un nouveau terme, pourquoi ? Limitons-nous d'abord au substantif :
Perturbations de la symétrie, écartement de la position médiane.
Tout ce qui s'écarte vers la gauche ou la droite est très facilement
reconnaissable comme une fausse position; il en est de même d'une position
arquée vers l'arrière. Ces
déviations de la posture normale sont connues depuis longtemps. La littérature
orthopédique traite de ces dernières depuis plusieurs générations,
d'autant que l' "orthopédie" (le terme provient du chirurgien parisien
N. Andry de 1728 [ 1 ]) s'engage, de par son
nom à "l'éducation de la jeunesse pour une posture droite". Andry
attirait également l'attention sur l'origine traumatisante de la naissance
et en excluait explicitement les assistants:
"Un enfant peut mal se présenter à l'accoucheur ou à
la sage-femme, et sans que quiconque puisse en être tenu pour responsable,
il arrive souvent que la tête et le cou de l'enfant subissent alors des
violences et des déformations provoquant cette mauvaise position du cou
chez l'enfant ." En
ce qui concerne l'accent sur le "fonctionnel" dans la pathologie et le traitement,
on peut, pour l'essentiel, se référer à ce premier auteur.
Cependant, chaque fois à nouveau, l'appréciation de la déviation
posturale balançait entre minimisation et prise au sérieux. Soit
on parlait de "scoliose physiologique du nourrisson" [
11 ] , c'est-à-dire une situation normale ne nécessitant
pas de traitement, soit on mettait les bébés dans des appareils
correcteurs [ 17
] . Pour
cette raison, nous décrirons non seulement les signes cliniques et leur
traitement effectif, mais aussi les éventuelles conséquences tardives
des postures déformées non traitées. C'est seulement
quand on a conscience de l'importance de ces conséquences, que l'on cherche
des formes précoces dans l'espoir de pouvoir les traiter plus facilement
que les problèmes apparaissant chez les sujets plus âgés.
L'importance
de la symétrie pour le développement est devenue de plus en plus
claire ces dernières années (cf. la monographie à ce sujet
[ 18 ] ). Surtout, la relation entre la
mauvaise posture chez le nourrisson et les problèmes ultérieurs
d'adaptation à l'âge scolaire, montre pourquoi un diagnostic précis
des symptômes précoces devient urgente. Clinique
En
recherchant les causes, nous avons déterminés que la jonction crânio-cervicale
jouait le rôle de déclencheur chez la plupart des enfants. Le terme
" la jonction crânio-cervicale " désigne le passage entre la base
du crâne et le rachis cervical, c'est à dire au niveau supérieur
de la nuque. Cette zone joue un rôle important dans la coordination des
mouvements et la posture corporelle. Chez le nouveau-né cette zone joue
donc un rôle dans l'apprentissage des stétéotypes de mouvements
(cf. [ 10 ] ). Des perturbations dans cette
zone, qui peuvent, dans les années qui suivent, entraîner un torticolis,
peuvent avoir pour conséquence, au début du développement
de l'enfant, c'est à dire dans sa première année de vie,
une évolution négative grave de l'ensemble de la motricité
sensorielle. L'accouchement
chez l'être humain est extrêmement complexe en raison de la construction
singulière du bassin due à la station verticale. Il est affecté
de risques supplémentaires du fait que le périmètre crânien
a augmenté depuis peu (c'est-à-dire depuis environ 2 millions d'années)
[ 19
, 21 ] . Le rachis cervical supérieur
est ainsi soumis à un potentiel élevé de blessures ou de
lésions. La considération simultanée de l'importance de la
motricité sensorielle* et de la vulnérabilité particulière
lors de l'accouchement est à l'origine du syndrome KISS. Les
connaissances sur le syndrome se sont précisées au fur et à
mesure. Au début, on constatait les plaintes et les particularités
presque exclusivement provoquées par un dysfonctionnement de la colonne
vertébrale supérieure. Dans ces cas, la relation de cause à
effet était la plus étroite et la plus évidente. Il
existe par ailleurs un deuxième groupe de symptômes qui provenaient
souvent, mais pas toujours, de la colonne vertébrale. Enfin, au cours du
temps, des observations isolées ont été relatées,
que l'on ne pouvaient généraliser, mais qui donnaient des indices
intéressants. Ces
trois groupes se reflètent dans l'acceptation du terme KISS. Il est en
effet relativement bien accepté qu'une posture fixée en inclinaison
latérale de la tête chez le nouveau-né peut être rapidement
prise en charge par un traitement médical manuel de la colonne vertébrale.
Il est déjà plus controversé de recourir à cette possibilité
quand il s'agit de problèmes d'allaitement ou de cris persistants d'origine
inconnue. Mais l'idée que beaucoup de jeunes qui attirent l'attention à
l'école par des perturbations de la coordination et des problèmes
de perception pourraient souffrir des suites d'une problématique KISS induite
par un traumatisme néonatal (cf. la contribution de Kühnen [
14 ] ) provoque encore aujourd'hui de fortes oppositions dans
la majorité …. Les
connaissances épidémiologiques sont rassemblées ailleurs
[ 4 ] Quelques
exemples Exemple
1: Je ne donnerai pas de pseudonyme à Kevin dans ce court communiqué,
j'ai 131 enfants porteurs de ce nom dans ma statistique personnelle (septembre
1995), l'anonymat n'est donc pas nécessaire. C'est à l'âge
de six mois qu'il est venu consulter chez nous, avec un tableau tout à
fait typique d'un enfant affecté d'un KISS. Voici l'histoire de son développement
avant sa première consultation : accouchement normal, extraction par ventouse
pour non-progression, ce qui signifie qu'il a été exposé
pendant un temps relativement long aux contractions d'une part et d'autre part
qu'il a subi une forte traction sur la tête afin de voir la lumière
du jour. Sa mère raconte " Au début, je n'ai rien remarqué
". Dans le cahier jaune des soins, on ne trouve la première inscription
que lors du troisième examen: " Asymétrie de posture, à
observer ". Ce n'est que quatre semaines plus tard qu'on a présenté
Kevin à un collègue orthopédiste qui me l'a ensuite adressé.
Au
status, on trouve une colonne fixée en inclinaison latérale, décrite
comme une scoliose en C. Il tient sa tête penchée vers la droite
et tournée vers la gauche, ce que nous décrivons comme une posture
sinistro-convexe. Lors des tests de réflexe (20) comme on les pratique
lors d'une vérification minutieuse du diagnostic, il dévoile un
comportement typique avec les différences correspon-dantes dans l'inclinaison
gauche et l'inclinaison droite, lors de l'acquiescement et de l'élévation
de la tête. L'examen
précis de la colonne cervicale décèle une sensibilité
à la pression du côté gauche et la provocation d'une vive
protestation lors de l'inclinaison de la tête à gauche. Comme chez
tous nos petits patients, nous confrontons les trouvailles cliniques avec un cliché
radiologique, il"colle" et montre une asymétrie entre la colonne cervicale
supérieure et la base du crâne, dans son cas l'atlas et l'axis se
trouvent déplacés à gauche par rapport à la base du
crâne. Le
traitement s'applique dans ce cas aux deux vertèbres cervicales supérieures.
Des collègues ont contrôlé Kevin trois semaines plus tard,
sa posture est symétrique, il persiste une sensibilité dans la région
cervicale gauche. J'ai reçu deux mois plus tard son carnet de contrôle
(nous le remettons à tous les parents, mais seulement un tiers nous est
retourné), il nous a aussi confirmé la normalité de l'examen. Exemple
2: Lina est venue un peu plus vite
en traitement, sans traîner, car ses plaintes étaient plus spectaculaires
que chez Kevin."Cela m'a déjà frappé juste après sa
naissance, que Lina était tordue.", dit la maman, ." Surtout à l'allaitement,
je n'arrivais à la mettre à un sein que si je m'asseyais complètement
penchée au-dessus d'elle et encore sa tête était complètement
tordue, ce que mon mari a lui-même remarqué quand elle avait sept
ou huit semaines ". De l'examen complet, il ressort que Lina est dextro-convexe
c'est-à-dire qu'elle est penchée vers la gauche et par-dessus le
marché vers l'arrière. En outre, pendant les semaines qui ont précédé
sa première visite, elle était âgée de quatre mois
et demi, il s'est formé une zone glabre, sans cheveux dans la région
de l'occiput sous l'effet de la friction et son occiput droit s'est aplati. Chez
ces enfants, c'est très souvent la partie gauche c'est-à-dire l'hémiface
du côté concave qui se développe moins bien, ce qui était
bien le cas de Lina. Cela
ne pose pas de difficulté particulière pour le traitement. On modifie
discrètement la technique et en principe cela se déroule comme chez
les autres bébés. Lors du contrôle effectué dans ce
cas par une physiothérapeute à domicile, la posture s'était
passablement améliorée, bien que pas encore tout à fait symétrique.
Deux
jours après sa visite chez nous, l'allaitement n'était déjà
plus un problème. Après trois semaines, on a poursuivi avec la gymnastique
médicale et, six mois plus tard elle est revenue en contrôle. La
tête était encore asymétrique (il n'y a modification qu'après
quelques mois), la tache glabre n'existait plus, sur la radiographie de contrôle
que nous répétons dans des cas aussi frappants, la situation était
clairement normalisée. Elle
est suivie par sa monitrice de gymnastique et je suis convaincu que nous n'aurons
plus besoin de beaucoup de traitements chez Lina. Exemple
3: L'enfant ne s'appelait pas Gereon, bien qu'il porta également
un vieux nom respectable, mais nous l'appellerons ainsi. Il avait cinq mois lorsque
je l'ai vu pour la première fois. Il était à notre sens classiquement
dextro-convexe (cf. Lina) mais sans inclinaison fixée en arrière.
Il n'y avait rien eu de particulier ni à l'examen ni lors du traitement,
les parents n'avaient pas non plus fourni d'indication qui sortait du cadre habituel.
Une semaine après le traitement, la mère m'appelle au téléphone
"C'est
seulement maintenant que nous savons ce que c'est qu'un enfant qui dort paisiblement
" clame-t-elle vivement, " le soir même du traitement, il s'est simplement
endormi! ". C'est
quelque chose qu'elle ne connaissait pas, Gereon était son premier enfant,
elle n'avait aucun point de comparaison et son comportement avait été
considéré comme normal, même pendant l'anamnèse elle
n'avait rien signalé (je questionne toujours très explicitement
sur les comportements du sommeil). Seule la comparaison avant et après
traitement lui en avait fait prendre conscience. On rencontre chaque jour des
cas semblables, ils se fondent ainsi dans la normalité, ce n'est que la
discussion dans les congrès qui m'a éclairé, combien de fois
présume-t-on déjà connue quelque chose parce qu'elle fait
partie de la routine quotidienne. Ce
que nous avons trouvé chez les enfants Nous
étions partis du petit nombre de petits enfants que nous pouvions traiter.
Les observations faites par Gutmann dans les années 50 et 60 [
8 ] ont été peu prises en compte et faisaient l'objet
d'un certain rejet, pour leurs exposés , de la part des neurologues ou
des orthopédistes pour enfants. Quand, il y a plus de 15 ans, j'ai commencé
à traiter les premiers enfants en bas âge, ce fut pour moi un monde
tout nouveau. Moi-même je n'avais pas d'enfant à l'époque
et on me confiait alors ces petites « choses ». J'avais
tout simplement peur. Peur d'être trop brusque, peur de manquer quelque
chose. Ces deux craintes m'accompagnent encore aujourd'hui, et je suis à
la fois content et reconnaissant que rien de grave ne se soit produit jusqu'à
aujourd'hui, et plus encore, que je ne sois pas passé à côté
de choses plus graves. Ces
peurs ne sont pas des garanties, et il serait bon de prendre au sérieux
la devise du chirurgien Sauerbruch qui disait à son assistant : "Le
jour où vous entrez au bloc sans avoir peur de faire une erreur, il vaudra
mieux poser le scalpel". Cette peur nous accompagne d'autant plus que nous avançons
sur un terrain nouveau. Un ensemble de souffrances se manifestaient dont nous
essayions de comprendre la logique sous-jacente. L'examen
des anomalies de posture et des maux de tête chez les adolescents et les
écoliers nous mettait de plus en plus en face du fait que les causes de
tels symptômes se trouvaient bien en amont de ce que laissait supposer le
début des plaintes chez les enfants. Nous demandions systématiquement
à voir les photos de ces enfants comme bébés et nous pouvions
ainsi remarquer chez beaucoup d'entre eux qu'ils avaient pris une mauvaise posture
fixée dans les premiers mois de leur vie. Des questions plus approfondies
donnaient souvent des indices pour d'autres symptômes d'une problématique
KISS. C'est en grande partie pour cela que des enfants de plus en plus jeunes
ont été examinés et traités. Ces travaux préliminaires
sur des patients de plus en plus jeunes faisaient apparaître un "schéma
de souffrances et de troubles", que l'on peut en gros diviser en trois groupes.
Le
symptôme principal: l'asymétrie Le
point de départ du problème apparaissait être une "posture
de compensation" (afin de compenser la douleur) différente selon le point
d'irritation. Inclinaison
Chez
presque tous les enfants que nous voyions il y avait une inclinaison plus ou moins
prononcée. Elle pouvait ne concerner qu'une partie du corps – par exemple
une inclinaison fixe de la tête – ou tout l'organisme. On appelle un tel
aspect « scoliose en C » parce que les bébés
sont couchés comme un "C" en position couchée. Chez
ces enfants il est également frappant de voir qu'ils ont un "côté
chocolat". Ils utilisaient une main plus que l'autre, se tournaient plus volontiers
d'un côté que de l'autre, dormait sur un côté précis,
etc. Au début il est difficile de définir un modèle. Quand
on a à peine vu une douzaine de bébés asymétriques,
on ne peut pas dire grand chose sur les relations de cause à effet. Au
cours du temps, il devint de plus en plus évident que certaines combinaisons
de particularités allaient ensemble : Un
enfant qui avait la tête inclinée vers la gauche, la tournait presque
toujours vers la droite. Si cette inclinaison était advenue une asymétrie
du crâne, on observait alors que le côté gauche du visage était
moins développé et que la joue droite l'était davantage.
Un aplatissement à l'arrière du crâne était souvent
observé du côté droit, et nous nous attendions alors à
trouver la « plaque chauve », c'est-à-dire une pousse
de cheveux unilatérale due au frottement de la tête sur le support,
à droite. Les bras et les jambes bougeaient la plupart du temps moins à
l'intérieur du "C", mais cette relation était moins marquée.
Les problèmes de hanche se trouvaient aussi plutôt dans le "C", c'est-à-dire
dans la concavité de la mauvaise posture. Ces troubles peuvent aller jusqu'aux
pieds, où on trouve alors un pied en croissant unilatéral. Beaucoup
d'enfants ont été examinés de façon plus approfondie
après un diagnostic concernant les pieds ou après la constatation
d'asymétries au niveau des plis des fesses. A partir de là, on a
trouvé les limites du mouvement de la tête et, en fin de compte,
défini l'anomalie de la colonne vertébrale supérieure comme
facteur déclenchant du tout. C'est ainsi que l'asymétrie, au sens
large, se trouva au début de la connaissance. Comme toujours, quand on
se penche intensément sur un problème, on trouve, avec une connaissance
approfondie, de plus en plus d'exceptions qui confirment la règle :
nous connaissons aujourd'hui des cas qui ne présentent aucune asymétrie
latérale et qui sont néanmoins des cas KISS. Hyperextension
fixée La
déviation ne se fait pas vers le côté mais vers l'arrière.
Ces bébés ont pratiquement une « scoliose en C »
vers l'arrière ; par définition, on parle d'une "hyperlordose"
ou d'"opisthotonos", c'est à dire une flexion extrême du tronc vers
l'arrière. Pour ces enfants, les mères racontent parfois spontanément
qu'elles ne peuvent allaiter que d'un côté. On peut souvent reconnaître
ces enfants par un aplatissement plus prononcé du crâne du fait qu'ils
s'appuient avec force contre le support. Il n'est pas rare cependant que le diagnostic
soit moins facile à poser sur la base de nos radiographies standards (faites
systématiquement) car l'inclinaison vers l'arrière est plus difficile
à déceler que celle sur le côté. Ici, c'est la posture
elle-même qui laisse présager au premier coup d'œil le diagnostic.
Mais l'on ne doit pas oublier – à force de voir la colonne vertébrale
- les autres causes éventuelles : il y a par exemple des infections
cérébrales et des méninges qui provoquent des positions similaires.
Souvent c'est l'évolution qui permet alors de faire le diagnostic des différentes
causes. Ces
deux types de base, que nous classifions de KISS I (inclinaison fixe vers le côté)
et KISS II (position fixe par hyperextension) existent rarement à l'état
pur. Ils sont souvent plus ou moins combinés mais c'est l'anomalie principale
– fixation vers le côté ou vers l'arrière – qui donne la base
du diagnostic clinique principal. Les détails pour ce modèle sont
décrits en [ 5
]. Dans ce qui suit seront décrits les principaux symptômes
secondaires. Au
delà de l'asymétrie Problèmes
de maturation des articulations de la hanche (souvent unilatéral) Une
asymétrie observée au niveau des plis des fesses et/ou des cuisses
est souvent le point de départ pour un diagnostic de malposition. Ici se
regroupent plusieurs ensembles de symptômes allant d'un retard unilatéral
du développement de la hanche jusqu'à de vrais défauts de
la cavité cotyloïde. Pour un traitement par la colonne vertébrale,
il ne faut pas minimiser les causes ni les perdre du vue. Aussi dans les familles
où se trouvent plus de problèmes de la hanche que la normale, un
examen et un éventuel traitement des problèmes de la colonne vertébrale
est profitable comme traitement annexe. Selon le degré de gravité
et l'âge au moment du diagnostic, un traitement fonctionnel des problèmes
de la colonne vertébrale peut compléter ou remplacer le maillot
d'écartement des jambes ou l'attelle d'abduction. Positions
erronées du petit pied jusqu'au " pied en forme de croissant " (Pes adductus
congenitus) Ce
sont au tout début des signes assez particuliers. Ici, le traitement de
la colonne vertébrale n'est pas non plus l'alternative, mais le complément
à d'autres traitements. Bien sûr, un traitement manuel est toujours
préférable à une thérapie passive : c'est plus
"joli" et plus efficace d'optimiser une fonction déréglée
et d'améliorer une position du pied que de la rectifier par un bandage
ou un plâtre, même si cela s'avère parfois indispensable. Ceci
sera également valable pour les semelles. Perturbation
du sommeil, cris pendant le sommeil Ceci
englobe une multitude de difficultés dont les parents ne sont souvent pas
conscients, notamment pour les cas légers. Au siècle des enfants
uniques, le moyen de comparaison fait souvent défaut, et un certain nombre
de parents indiquent seulement sur le questionnaire de contrôle que leur
enfant dort mieux après le traitement. Ce sont surtout les problèmes
d'endormissement qui sont typiques chez les "enfants KISS" (atteints du syndrome
KISS): "Elle ne trouve pas le calme dans son lit, "Il se tourne et bouge sans
cesse et ne s'endort que quand il est complètement k.o." De telles descriptions
sont fréquemment données par les parents. Enfants
qui crient Ce
groupe – très hétérogène – est à nouveau explicitement
mentionné ici. Plus on est éloigné de la problématique,
plus on peut attendre et avoir confiance que cela s'arrête au bout du troisième
ou quatrième mois. Mais pour le responsable averti, la maxime de Lucassen
est valable : "Je suis trop impressionné par les sentiments de détresse
et de désespoir des parents, par leur colère et leur peur, par le
sentiment qu'ils éprouvent que quelque chose ne va pas avec leur enfant
pour pouvoir les laisser seuls avec ce problème naturellement auto-limitant
[16]. Avec un diagnostic préalable
correct, le pourcentage de réussite du traitement par la médecine
manuelle chez ces enfants est de 60% dans les trois jours qui suivent le traitement;
une étude prospective, en collaboration avec la clinique Hagen pour enfants,
est en préparation. S'arracher
les cheveux, haute sensibilité au toucher de la nuque Comme
pour certains autres symptômes décrits ici, la question de la sensibilité
au toucher de la nuque doit être posée explicitement aux parents.
Souvent les parents ne racontent qu'après, en comparant avec la situation
d'avant. Après ils remarquent plus facilement quelque chose. Surtout la
mention du "se défendre contre un contact physique" donne un bon indice
pour repérer de nouveaux malaises, c'est-à-dire pour la nécessité
d'un nouvel examen de contrôle. Toutes
les difficultés décrites précédemment ne proviennent
pas forcément de KISS, mais c'est souvent le cas. Traiter KISS est en règle
générale la méthode la plus simple ; tellement simple
que souvent un essai vaut la peine, même si au départ on n'est pas
tout à fait sûr d'avoir trouvé la bonne voie. Ce
qu'il y avait aussi de particulier Des
enfants qui ne présentent pas (encore) de symptômes d'asymétrie,
se distinguent par d'autres malaises, souvent difficilement reconnaissable en
tant que problèmes de la colonne vertébrale. Parmi celles-ci on
compte par exemple des poussées de fièvre inexpliquées, une
perturbation éveil – sommeil, une agitation motrice généralisée.
Il
est à nouveau souligné ici que ces malaises peuvent avoir beaucoup
d'autres origines. On ne devrait envisager un problème de la colonne vertébrale
que lorsque d'autres causes probables ont été exclues et/ou quand
on a trouvé des symptômes indiquant un problème d'asymétrie
ou quand un traitement "test" a apporté de nettes améliorations.
C'est généralement ce dernier point qui se révèle
être la base la plus sûre d'un diagnostic ; c'est ce qu'indiquait
déjà, il y a quelques années, un des pionniers de la thérapie
manuelle, le neurologue tchèque Lewit [ 15
], Mais on ne peut quand même pas tout à fait compter là-dessus.
Nous connaissons des cas où des malaises se sont améliorés
après une thérapie manuelle, alors qu'il y avait, par exemple, une
tumeur sous-jacente [6
, 9 ] . Ce n'est presque jamais aussi
simple qu'il y paraît au premier regard … Ici
nous arrivons alors dans des domaines limites . Il est, comme toujours, difficile
de les circonscrire et il faut veiller à ce qu'une telle description ne
dégénère pas, surtout quand on a la "bonne parole" plein
la tête. Il convient alors de prendre les indications suivantes, relatives
aux symptômes, comme des pistes de réflexion et non pas comme des
"preuves" en rapport avec KISS pour chaque cas similaire. Fièvre :
Des
poussées de fièvre chez les enfants constituent toujours un défi
pédiatrique. On examinera toujours d'abord en fonction des causes classiques
que l'on exclue l'une après l'autre. Cela va des infections des voies respiratoires
jusqu'aux infections rénales et de la vessie, aux allergies, etc. C'est
seulement quand on a éliminé ces causes classiques que l'on peut,
la conscience tranquille, envisager d'autres causes pour expliquer une température
élevée. Des
changements manquants dans les analyses médicales sont un indice, mais,
par principe, on demandera d'exclure le mieux possible d'autres causes. Alors,
et seulement à ce moment là , on peut essayer de progresser à
l'aide d'éléments fonctionnels. L'indice pour la colonne vertébrale
est l'asymétrie qui l'accompagne ou d'autres signes révélateurs
de KISS. Baver :
Beaucoup
d'enfants qui bavent ont l'éternel bavoir autour du cou pour éviter
aux parents de devoir changer leur enfant x-fois par jour parce qu'il est encore
une fois trempé. Le fait de ne pas fermer la bouche peut être provoqué
et maintenu par des problèmes de contrôle musculaire à cet
endroit, et donc aussi de la région du cou et de la nuque. Souvent s'y
ajoute alors une tête penchée vers l'arrière de manière
maladive. Chez les bébés, cela se traduit par une position "fléchie
comme un arc" comme le disait une mère. Chez les petits enfants plus âgés,
qui commencent déjà à se mettre debout, le rachis thoraco-dorsal
se relâche pour permettre à l'enfant de regarder droit. Ces enfants
ont alors une soi-disant "posture molle". Difficultés
de déglutition : Pour
ce symptôme, c'est le même problème que pour les enfants qui
bavent. Quand la coordination dans la région du gosier est perturbée,
la contracture de la colonne vertébrale peut en être la cause.
Dans ce cas c'est le succès du traitement qui donne un indice sur la relation
de cause à effet. Ces enfants ne viennent presque jamais en consultation
pour ça. Une amélioration de ces difficultés, évaluées
par les parents comme étant des problèmes secondaires, ne nous est
souvent rapportée que plus tard. Emettre
des sons et acquérir la parole : L'apprentissage
de la parole est impossible sans un contrôle exacte des muscles de la gorge.
Rien que pour cette raison, on peut établir une relation entre les problèmes
de contrôle de la musculature du cou et les difficultés à
émettre des sons et à acquérir la parole. Si les signes accompagnateurs
faisant penser à une asymétrie, on peut alors envisager d'intégrer
dans la réflexion thérapeutique la colonne vertébrale supérieure.
Surtout en cas de combinaison avec une mauvaise fermeture de la bouche et d'enfants
qui bavent beaucoup, on pensera plutôt à une origine au niveau du
cou et de la base du crâne. C'est
un peu comme avec les enfants qui louchent : nous disposons d'un certain
nombre de rapports faisant état d'enfants (ils n'ont pour la plupart pas
plus de deux ans) chez lesquels, dans le cadre d'un traitement KISS, la parole
devenait plus coordonnée, et leur strabisme diminuait. Ceci est particulièrement
visible pendant un traitement complémentaire chez les enfants handicapés
en âge scolaire. Cependant ces cas sont trop rares pour constituer une "preuve".
Il est difficile de distinguer l'influence directe sur la motricité de
la parole de l'amélioration générale de la perception et
alors de la réaction sur ce qui est perçu. Diagnostic
différentiel À
la recherche de critères de délimitation, les résultats statistiques
[ 4 ] montrent quatre points anamnestiques :
présentations
transverses -
naissances retardées et prolongées -
utilisation d'instruments à la naissances (ventouse, forceps) -
grossesses multiples (jumeaux, triplets…) Les
nouveau-nés appartenant à un de ces quatre groupes étaient
trois à quatre fois sur-représentés chez les enfants ayant
une problématique KISS avéré. Ces dernières années
il est devenu de plus en plus clair, qu'il existerait une prédisposition
familiale : nous observons de plus en plus souvent que le risque d'une problématique
KISS chez des frères et sœurs du même sexe s'élève
à plus de 50% pour chaque grossesse supplémentaire. Il faut sûrement
replacer cela dans le contexte d'une certaine sensibilisation et d'une expectative
. D'un autre côté l'amélioration rapide et durable des malaises,
surtout pendant la période précoce (cris persistants, "coliques
du nourrisson") qui est un grand soulagement pour les parents, est difficilement
explicable par de simples "mécanismes de suggestions" comme cela est souvent
insinué. Chez les nouveau-nés présentant une position inclinée
intra-utérine (cela correspond au "syndrome de position transverse" bien
connu), on remarque souvent l'asymétrie directement après la naissance.
Chez les enfants où la genèse d'un traumatisme natal se situe au
premier plan, on ne voit apparaître les symptômes typiques qu'après
trois à six semaines. D'ailleurs, ils ne sont, en règle générale,
observés qu'aux examens de 4 à 6 semaines et du 3 ème - 4
ème mois. La
méthode la plus simple pour le profane est sans doute l'examen de la capacité
du mouvement de la tête et de l'hyper-sensibilité de la nuque. Ainsi,
on peut rapidement avoir une première impression et décider s'il
est opportun de continuer dans le sens d'une perturbation fonctionnelle d'origine
vertébrale. La manière dont on procède dans ces cas, dépend
des possibilités offertes au niveau local : l'un va prendre conseil
auprès d'un physiothérapeute ayant une formation appropriée,
l'autre va pouvoir présenter son bébé directement à
un thérapeute manuel. On dispose également de plusieurs possibilités
thérapeutiques pour atteindre le but : dans les cas non spectaculaires
on peut se limiter à un traitement comportemental ("Handling"), déplacer
le lit du bébé, stimuler le côté faible pendant l'allaitement,
etc. Si cela ne suffit pas on peut conseiller des méthodes physiothérapeutiques
telles que la méthode Bobath ou Vojta (ou encore d'autres méthodes
similaires). Enfin, et surtout dans le cas de cris persistants et d'autres manifestations
de malaises aigus, la méthode de choix est le traitement manuel, car elle
agit le plus rapidement et le plus efficacement. L'image
clinique du syndrome KISS non-traité passe en général par
quatre stades : 1)
Stade préalable non spécifique avec des symptômes d'une irritation
végétative et de dysphorie ("mauvaise humeur") : enfants qui
crient, coliques du nourrisson et similaires (post-partum jusqu'à environ
3 mois) 2)
Le symptôme d'asymétrie domine depuis le contrôle de la tête
jusqu'à la verticalisation (se mettre debout) (3-12 mois) 3)
Intervalle pauvre ou dépourvu de symptômes entre la verticalisation
et le 4 ème et 5 ème anniversaire 4)
Signes de dysgnosie (dérèglement de la perception) et de dyspraxie
(perturbations motrices sensorielles) dans le sens du syndrome KIDD (Kopfgelenk-
induzierte Dysgnosie und Dysphorie = Dysgnosie et dysphorie induites par les articulations
crânio-cervicales [
3 ] ). La
connaissance des stades précoces des perturbations motrices sensorielles
à l'âge scolaire, qui nous mettent en face de si grands problèmes
thérapeutiques et qui sont désignés par de nombreux termes
(MCD - minimal cerebral damage), POS - syndrome psycho-organique, ADS - attention
deficit syndrom ...), ouvrent la voie à un diagnostic précoce ainsi
qu'à une thérapie autrement plus efficace et simple. Les personnes
qui assistent le début de vie des enfants en tant que sage-femmes, peuvent
attirer l'attention sur des signes d'un développement asymétrique,
ne nécessitant pas un traitement immédiat mais qui devraient être
contrôlés ultérieurement. Traitement
Le
traitement manuel médical est préparé en établissant
l'anamnèse, une radiographie obligatoire de la colonne vertébrale
supérieure (cervicales) ainsi qu'un diagnostic fonctionnel avec un examen
des segments vertébraux. La technique consiste, en général,
en une impulsion latérale modérée dans la région des
trois premiers segments cervicaux. [ 13 ]
Pendant les traitements des petits enfants supervisés par notre groupe
de travail (plus de 10 000 enfants de moins de deux ans dans les 20 dernières
années), il n'est arrivé aucune complication sérieuse, sauf
quelques vomissements ou une chute de tension brève et spontanément
réversible [12]. En ce qui concerne
les complications décrites dans la littérature médicale (p.ex.
[ 7 ] ) il s'agissait de « prises
rotatoires » et/ou de la multiplicité des traitements dans un
laps de temps (trop) court. Nous conseillons vivement une utilisation parcimonieuse
de la thérapie manuelle chez les petits enfants. Un seul traitement est
presque toujours suffisant (dans 85% des cas [ 4
] ). Un écart minimum de six semaines entre deux traitements, si toutefois
celui-ci est indiqué, devrait être respecté. On peut évaluer
l'effet de la thérapie trois semaines après. Chez à peu près
un tiers des enfants, on doit accompagner la thérapie manuelle par d'autres
traitements, en général par la physiothérapie. Perspective
Le
traitement des enfants atteint du syndrome KISS montre que l'on ne travaille pas
en solitaire mais que l'on est dépendant de la coopération des collègues,
qu'il s'agisse d'auxiliaires d'obstétrique et de sages-femmes, de pédiatres
et d'orthopédistes pour enfants ou encore de kinésithérapeutes,
maîtresses d'écoles (maternelle) ou d'instituteurs (école
primaire). Ceux-ci doivent déjà avoir l'idée qu'un problème
préoccupant pourrait avoir une relation avec une perturbation fonctionnelle
de la colonne vertébrale. C'est justement chez les petits enfants que cela
n'est pas si trivial à déterminer que pourrait le croire, « autour
de la grande table verte !, les experts autoproclamés et sans expériences
pratiques. -
Combien de bébés crient pendant des heures, voire des jours, sans
que l'on puisse les aider ? -
Combien de parents désespèrent face à un petit dans cet état
sans savoir comment l'aider ? -
Combien d'enfants souffrent de ces fameuses "coliques du nourrisson des 3 premiers
mois" sans que de réels moyens de leur venir en aide soient données
aux parents. Tous
ces enfants devraient être examinés au moins une fois à la
recherche d'un problème provenant de la colonne vertébrale. La
palpation du cou et l'examen de la capacité rotatoire de la tête
vers la gauche ou la droite ne constituent pas une science secrète. Quand
on remarque quelque chose d'inhabituel à ce niveau, on va voir un spécialiste.
A partir de là, les gens qui travaillent avec des bébés et
des petits enfants ont progressé . On devrait plutôt dire qu'ils
ont "reculé", car ils ont a été rendus attentif au symptôme
d'asymétrie par les précurseurs. En anglais on appelle cela "Reverse
Engineering" : on regarde une machine ou une situation et on essaie de reconstituer
d'où vient l'ensemble, la manière dont la machine est conçue.
Une grande partie de notre connaissance médicale a été rassemblée
ainsi. C'est aussi le cas pour le syndrome KISS : depuis qu'on a établi
que les enfants qui crient anormalement beaucoup étaient également
"inclinés", on examine ces enfants, qui, au premier coup d'œil ne présentent
pas d'inclinaison, de plus près afin de déterminer s'il n'y en a
pas une. Notre
curiosité grandit avec chacun des enfants que nous voyons. Je me souviens
d'enfants chez lesquels un eczéma atopique s'améliorait rapidement
ou chez lesquels un strabisme diminuait remarquablement. On se porte probablement
mieux, si on classe cela dans la catégorie du "hasard". Les cas similaires,
où des signes cliniques non dépendants de la colonne vertébrale
ont pu être améliorés, ne devraient pas donner lieu à
des suppositions abusives, mais donner à réfléchir. Est-ce
que c'est la relaxation de la position de réaction végétative
ou l'influence des paramètres de base de la coordination qui jouent
un rôle ici ? Pour
l'instant on ne peut que spéculer. Quand on arrivera au moment où
l'examen et le traitement des problèmes de la colonne vertébrale
supérieure feront partie du répertoire standard des pédiatres,
on sera plus au point pour l'indication d'un traitement et on pourra alors
avoir une meilleure vue d'ensemble des conséquences de tels cas. Bibliographie
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