Traduction:
Isabelle Nowicki, Vallendar
Le
traitement
La
thérapie manuelle de la colonne cervicale supérieure
Les
méthodes utilisées en thérapie manuelle pour le traitement
des (très jeunes) enfants ne sont pas comparables à ce qu'on connait
habituellement sous l'expression de „remettre en place“. Il s'agit là d'une
technique d'impulsions douces qui nécessitent nullement
de tordre ou de tirer fortement sur le cou.
La
thérapie de l'Atlas selon Arlen et une seconde technique de traitement
selon Gutmann/Biedermann sont les méthodes les plus répandues.
Les
techniques sont variées et les résultats dépendent plus du
savoir faire du médecin que de ses diplômes.
- La
thérapie de l'Atlas selon Arlen ne se préoccupe que de l'Atlas et
n'est appliquée que dans une direction. Elle nécessite souvent plusieurs
applications.
- La
méthode selon Dr. Gutmann, modifiée par le Dr. Biedermann, s'applique
à l'ensemble des articulations crânio-cervicales situées entre
la base du crâne et la vertèbre C3. L'impulsion est tridirectionnelle,
c'est à dire qu'on prend en compte les directions/ axes droite/gauche,
avant/arrière ainsi que la direction des éventuels troubles rotatoires
des vertèbres en question. De cette manière, on peut atteindre toutes
ces anomalies et les influencer positivement.
Chez
l'adulte, cette technique est appelée <HIO>;
HIO
provient du vocabulaire du golf et signifie „hole in one“, c'est à dire
faire entrer la balle dans le trou en un seul coup, donc tout remettre en place
par une seule impulsion.
Les
patients adultes sont installés et traités de façon totalement
différente des enfants. Et dans ce cas ce n'est pas tant l'exécution
de la technique qui est comparable que la préparation minutieuse ainsi
que l'analyse pluridimensionnelle du trouble (diagnostic: anamnèse, auscultation,
radiographie, analyse).
La
technique:
une impulsion latérale modérée est
pratiquée au niveau de l'extrémité supérieure du cou,
directement sous l'occiput.
On
remarque, tout de suite après le traitement, une amélioration de
la mobilité du cou et de la tête. Ce qui est un constat objectif.
De plus on provoque le déclanchement de plusieurs réflexes qui,
à partir de ce centre sensoriel, influencent la motricité et les
centres de commande en général (par ex.: le rythme des phases de
sommeil et d'éveil).
Une
réaction souvent ressentie est une amélioration immédiate
de l'équilibre et une relaxation relativement rapide des muscles de maintien.
On pense que, par le biais de cette impulsion, on active les divers systèmes
sensoriels, présents en très grand nombre au niveau de la nuque
et de grande importance pour le maintien. De cette manière, les schémas
locomoteurs se normalisent.
Le
traitement est pratiquement indolore. Mais les bébés ne sont naturellement
pas ravis d'être auscultés et, en règle générale,
ils protestent. Le fait qu´ils retrouvent presque toujours immédiatement
leur calme une fois dans les bras de leur mère/ leur père, prouve
bien qu´il ne s'agit pas de grande douleur.
Ces
méthodes de traitement – contrairement à la „remise en place“ des
vertèbres selon l'ancienne technique- n'impliquent pas de mouvements importants
de la vertèbre traitée.
C'est
la raison pour laquelle ce mode de traitement, conduit de manière correcte,
est pratiquement sans danger et peut être appliqué
sans problème aux nourrissons. Etant donné qu'il a des effets importants
sur la perception et des commandes fonctionnelles, il est déconseillé
de pratiquer ce traitement trop souvent.
Chez
les nourrissons, une seule séance est souvent suffisante.
D'après
le Dr. Biedermann seulement 15% des nourrissons traités nécessitent
un second traitement au cours de la première année. Afin de laisser
le temps au corps de réagir à l'issue de la thérapie, il
est conseiller d'éviter pendant 2 à 3 semaines tout autre traitement
ou examen médical „stimulants“ comme par exemple les vaccins, diagnose
poussée, ostéopathie, ainsi que la rééducation physiothérapeutique.
La
durée de ce temps de réaction est variable et
dépend selon les cas également des symptômes ainsi que de
l'âge du patient.
A
l'issue de ce temps de réaction, le plan de traitement physiothérapeutique
peut être remis à jour et adapté aux progrès déjà
accomplis.
Il
est conseillé d'effectuer un contrôle de routine
à l'âge de trois ans ainsi qu'avant l'entrée à l'école
primaire. On peut, de cette manière, filtrer d´éventuels troubles
moteurs et de la perception qui risquent bien souvent d'échapper au contrôle
préventif pédiatrique habituel.
De
courtes rechutes ou aggravations – par exemple dans le cadre d'une infection
ou d'une phase de croissance - ne nécessitent pas d'être contrôlées
systématiquement par thérapie manuelle. Il arrive que les enfants
retombent pour un court l'abs de temps dans de vieux schémas.
Le
corps de l'enfant, une fois la mobilité délivrée, maîtrise
assez bien de petites mises à l'épreuve. Toutefois, à la
suite d'une chute grave ou d´une anesthésie générale,
un contrôle peut s'avérer nécessaire si des symptômes
inhabituels persistent plus de 1 à 2 semaines. Pour les bébés,
dans la famille desquels des problèmes de colonne vertébrale, tels
qu'une scoliose ou autre déformation, sont connus, des contrôles
réguliers seront nécessaires.
La
plupart du temps on peut s'organiser, en accord avec le physiothérapeute
ou le pédiatre, de sorte qu'une à deux consultations par an chez
un spécialiste soient suffisantes.
De
manière générale, la thérapie manuelle ne remplace
pas les autres méthodes mais constitue plutôt la base sur laquelle
l'ergothérapie, la physiothérapie, INPP (psychologie neurophysiologique),
la thérapie psychomotrice, pourront travailler de manière efficace.
La
thérapie manuelle optimise la biomécanique (fonctionnement des articulations,
des muscles) ainsi que les commandes centrales.
La
thérapie manuelle de la colonne cervicale supérieure chez l'adulte
La
thérapie des enfants plus âgés et des adultes est de plus
longue haleine car les vertèbres se sont souvent fixées dans leur
mauvaise position et ne se laissent pas traiter si simplement. Mais ici aussi,
il faut être prudent avec la fréquence des traitements. Car, également
pour ce groupe de patients, la réaction de l'ensemble de l'organisme à
l'amélioration de la mobilité du cou prend du temps et il faut attendre.
C'est pour cette raison que la majorité des thérapeutes de l'Atlas
ont abandonné des traitements journaliers. Les intervalles entre les traitements
peuvent selon les cas, varier de quelques semaines à plusieurs mois.
Parallèlement
à la normalisation de la fonction des articulations de la jonction crânio-cervicale
ainsi que de la jonction lombaire/ bassin, d'éventuels troubles touchant
les autres segments de la colonne vertébrale sont examinés et, si
nécessaire, traités. Différents modes de thérapies
sont possibles dans ce cadre là, par exemple certains domaines de l'ostéopathie,
en particulier les „techniques par les parties molles“ telles que „myofascial
release“ ou bien „muscle energy technic“.
La
thérapie manuelle des articulations de la jonction crânio-cervicale
aide dans les cas suivants:
- troubles
de la colonne cervicale
- traumatisme
du rachis cervical suite à un accident de la circulation
- vertiges
- troubles
de l'équilibre
- troubles
de la motricité (hypertonie musculaire, parkinson)
- maux
de dos chroniques
- hernies
discales
- bruits
d'oreille (tinitus)
Un
examen systématique des vertèbres cervicales des bébés
(comme il est d´usage pour les hanches) pourrait non seulement épargner
plus tard à bon nombre de gens une grande partie de leurs maux de tête
ou de dos, mais également éviter des problèmes plus complexes
tels que les troubles du comportement, etc.
L'examen
et le traitement nécessitent beaucoup de temps, et c'est pourquoi beaucoup
de médecins, qui se sont spécialisés dans ce domaine, ne
travaillent plus que sur une base d'honoraires privés. La prise en charge,
et dans quelle mesure, des coûts de ce traitement par les caisses publiques
d'assurance maladie est une question de négociation et de souplesse.
